Quousque tandem abutere, Sarkoze, patientia nostra?
(C'est à dire, pour ceux qui ont séché le latin et la culture classique : Jusqu'à quand, ô Sarkozy, abuseras-tu donc de notre patience ?)Sed si quis metus invidiæ est, num invidia severitatis ac fortitudinis est pertimescenda vehementius quam inertiæ ac nequitiæ ?
Dwarf Fortress, de la futilité en jeux vidéo
Beaucoup, beaucoup de choses ont déjà été écrites sur Dwarf Fortress, et pourtant il y a quelques chances pour que le lecteur, fut-il un hardcore gamer qui le revendique haut et fort, ignore jusqu'à l'existence de ce jeu extraordinaire. Lacune à corriger dans les plus brefs délais. Ceux qui le connaissent peuvent sauter mes premiers paragraphes de présentation. Ceux qui n'ont pas envie d'y jouer et ne s'intéressent pas aux jeux vidéos peuvent également passer directement à la deuxième partie de ce billet, avec ce résumé très bref : Dwarf Fortress est au jeu vidéo de gestion ce qu'Evelyn Waugh est à la littérature. (Le lecteur qui ne s'intéresse ni aux jeux vidéos, ni à Evelyn Waugh, est invité à revenir plus tard - et à lire Scoop sans plus tarder, ça le déridera un peu).
Netbeans et java.util.MissingResourceException de type Can't find resource for bundle
Pour faire plaisir à Celui
package freedom.liberte.cherie;
import org.symboles.idiots.SymbolesIdiots;
import Java.awt.Color;
import Java.utils.Calendar;
public class DrapeauNational extends SymbolesIdiot implements Outrages {
vector<Color>couleurs;
public Drapeau(vector<Color>pCouleurs) {
couleurs = pCouleurs;
}
public AgiterFrenetiquement(Calendar daDate) {
bool bonMoment = (daDate.get(Calendar.MONTH) == Calendar.JULY) && (daDate.get(Calendar.DAY) == 14);
if bonMoment()
{
System.out.println("J'agite frénétiquement mon drapeau");
}
}
@Override
protected void Outrager() {
System.out.println("Le drapeau national, c'est nul.");
int random = (int)Math.random()*couleurs.size();
System.out.println("Et puis en plus, j'aime pas le " + couleurs.elementAt(random).toString()); // Houlà, pas sûr que ça marche, ça
}
}
Ah, le charme du local...
Citation de Wikipedia tirée de l'article Extreme Programming en français (qui apparemment ne se traduit donc pas par "Programmation Extrême") :Rythme soutenable. L'équipe ne fait pas d'heures supplémentaires. Si le cas se présente, il faut revoir le planning. Un développeur fatigué travaille mal. En effet le programmeur ne doit pas dépasser 35 heures de travail par semaine (formations inclues) car le dépassement de ce taux peut engendrer des problèmes ce qui influe sur la qualité du développement.
Sustainable pace. The concept is that programmers or software developers should not work more than 40 hour weeks, and if there is overtime one week, that the next week should not include more overtime. [...]
Also, included in this concept is that people perform best and most creatively if they are rested.
CDP, EDF et autres RAS
Le cynisme au secours de la faculté de juger
En rentrant, je retrouve ma timeline twitter envahie par une fusillade entre pro-israéliens et pro-palestiniens. Devant une telle guerre des tranchées, je lance, un peu par provocation :Pourquoi être modérés ? N'ai-je pas le droit d'écraser de mon mépris et de mon indignation les deux camps à la fois ?
J'envie ta clarté d'esprit. Moi, à gros traits, et même si je penche du côté israélien, je vois que chaque camp a ses raisons et que chacune de leurs actions semble être la pire et rend la situation encore plus insoluble et tragique. Plus de tristesse que de mépris donc.
Non. Marre de la tristesse, marre d'essayer de comprendre. De la prétention des deux camps à articuler un discours moral. Ce n'est pas de la clarté d'esprit, c'est la condition de la santé mentale et de la sauvegarde de la faculté de juger.
La condamnation préalable (et bilatérale) est donc le prérequis de la capacité à juger. Euh...
La responsabilité à l'heure des systèmes
Vie synthétique
La question de la création de la vie n'est pas une question religieuse. Sans doute, forces groupes iront blâmer ce Golem des temps contemporains ou ce prométhée moderne, au nom du Credo, du dogme, ou quoi que ce soit d'autre. Et nous auront toujours, défendant la passion de l'éthique du groupe par un semblant de raison, d'honnêtes et bienveillants blogueurs venant nous expliquer, avec des tournures de plaidoieries, pourquoi la question dépasse simplement la foi (entre deux billets d'extase agoracosmiques). En fait, je dirais que la question de la vie n'est pas une question religieuse, et je ne suis pas loin de penser que ce n'est pas une question philosophique. La "philosophie de la vie" désigne essentiellement un mouvement général s'emparant de la pensée occidentale au début du XXe siècle, née en réaction au positivisme. Ce n'est pas simplement un débat qui opposerait obscurantistes et nobles progressistes. Bergson a eu beau défendre l'intuition face à l'analyse, il n'en était pas moins un esprit éminément scientifique. Peu importe que ce mouvement soit en partie la racine de plusieurs discours fascistes ou racialistes (il n'est pas de coutûme, sur ce blog, de céder à la tenation de la reductio ad hitlerum, et nous n'y céderons pas) ; à l'évidence, on peut tout à fait tirer une existence éminement morale de la philosophie de la vie autant que dévier vers des aberrations. Mystique élaborée, à une époque où la science ne faisait pas défaut (alors que les grands épisodes de mysticisme accompagne souvent les moments où la science est un peu essouflée), la philosophie de la vie ne parvient pas à de grandes conclusions. En réalité, la focalisation de certains éléments de la pensée religieuse sur la création est une impasse(comme toute tentative de compréhension de la divinité dans le temps humain ou perçu par l'humain). Ou bien le discours sur la création est un mythe, et auquel cas il doit s'effacer devant les découvertes scientifiques, et qui a basé sa foi sur un mythe ne mérite guère d'être qualifié de croyant; ou bien, le discours sur la création est allégorique, et auquel cas la science ne peut apporter que des précisions sur le sens de l'allégorie et toute création de vie doit donc être louée. Mais, en réalité, la question de la création n'a aucune importance, puisqu'il s'agit à l'évidence d'une perception humaine de l'influence de la divinité. Etant une perception humaine, elle ne peut être retenue comme objet de dogme ou de culte, sauf à se célèbrer soi-même, et donc à faire exactement ce qu'on reproche aux prétendus Frankenstein contemporains. Mais comme les religieux (et leurs compères des sciences humaines, trop heureux d'avoir leur mot à dire sur l'éthique des scientifiques) ont compris qu'ils attirent plus de sympathie en ayant recours à d'autres types d'arguments, nous aurons probablement le droit à quelques grandes déclarations sur le caractère sacré de la vie, le respect de la vie, ou tout autre variation sur ce thème. En réalité, c'est à nouveau une aberration. De même que l'adversaire de l'avortement doit à tout prix séparer la vie de l'être-à-naître de la vie de la mère, pour pouvoir tenir un argument en défense de "la vie" (sans quoi leur empiètement sur les droits de la mère devient clairement trop visible), de même on assistera toujours à la même confusion (la défense de la vie à tout crin, de la part d'une espèce éminement et nécessairement prédatrice, est quelque chose qui m'a toujours beaucoup fait sourire ; l'idée qu'au fond, certaines argumentations des adversaires de l'avortement en font des crypto hippies végétariens inconscient de l'être n'est pas sans ironie). Et s'il s'agit, par souci de cohérence, de défendre la vie humaine, on voit mal comment une solution capable d'améliorer et de préserver celle-ci devrait à tout prix être condamnée. Alors nous entrerons probablement dans le dernier stade de l'argument : l'argument économique. De même qu'on nous dit le plus grand mal de l'euthanasie parce que cela finirait à légaliser l'extermination des vieux et des mourants, à encourager les gens au suicide ou que sais-je, alors qu'il y a toujours l'espoir (et tant pis pour l'autonomie, la loi de votre devenir doit tomber de votre organisme - à ne pas modifier - ou de votre médecin), de même aura-t-on le droit au spectacle terrifiant d'un avenir "christo-cyberpunk", où on vendra ses cellules, en achètera, décomposera l'organisme à loisir transformant le tissu en babel, jusqu'aux marchés à greffes, cybernétiques, que sais-je (tandis que, bien sûr, les mères porteuses loueront leur uterus à gauche à droite, que le genre sera mort puisque tout le monde changera de sexe sur un caprice, et que, ne l'oublions pas, un génocide terrible de milliards d'enfants à naîtres sera commis chaque jour, et tout le monde sera au fnod très malheureux, etc. ad nauseam). Qu'il est plaisant de lire ces vibrants éloges de l'égalité, tolérable sous la plume de quelque curé désargenté, autrement plus proche du dérisoire quand ils viennent de quelques juristes spécialistes du droit des affaires, qui nous la joueront Saint-François d'Assise, la robe leur donnant l'illusion de la bure. Ah, "quels gredins que les honnêtes gens", comme écrivait Zola. Et bien sûr, Venter est une pépite pour ces arguments là : l'homme qui entend avoir des droits sur les gènes, pensez-vous, c'est magnifique. Mais il n'y a là nullement une question religieuse, il n'y a là aucune raison de croire ou décroire, de voir la foi menacée et le salut en péril (même si l'on demeure persuadé que ses actions influenceront son salut). Il n'y a là que matière à dénoncer les excès de la propriété et à défendre, non la morale commune, mais le bien commun. Au fond, les gesticulations à prévoir n'ont donc, si on passe sur l'extrême pénibilité du spectacle, qui outragera nos amis athés et désolera ceux qui ont une idée un peu haute du divin et un peu humble de l'humain dont les coloriages génétiques ne sont pas bien méchants, ces gesticulations n'auront comme défaut que d'enliser le débat public. Comme l'on voit tant d'énergie gâchée à vouloir interdire à tout prix l'avortement, quand il faudrait simplement continuer à le présenter comme un acte extrême et à éviter dans la mesure du possible, on aura sans doute droit à un monumental divertissement.
